Photos et compte-rendu du 8 mars 2017

Ce mercredi 8 mars, le Collectif Féministes Révolutionnaires a choisi de participer à toutes les échéances pour défendre les droits des femmes et des minorités de genre !

Vers 14h, nous arrivons place de la République. Nos banderoles, tracts, autocollants et pancartes confectionnées sur place attisent la curiosité des médias et des passant·e·s. C’est l’occasion de quelques photos et questions de plusieurs médias, français ou étrangers, à l’image de notre apparition éclair sur le site du magasine Elle qui nous amuse beaucoup. C’est également un moment de rencontre et de débats avec d’autres groupes féministes qui défendent des idées politiques différentes des nôtres.
La manifestation démarre à l’horaire prévu, 17h30, ce qui est en soi assez exceptionnel pour être souligné. Nous sommes plutôt nombreux·ses et dans l’ensemble, la marche se déroule dans une bonne ambiance. Avec les cortèges des femmes kurdes et celui d’Alerta Feminista, le cortège des Féministes Révolutionnaires est l’un des plus visibles et remarquables : jeune, motivé, joyeux et très dynamique ! Cette énergie communicative attire et des manifestant·e·s rejoignent nos rangs tout au long de la marche.

 

Un regret persiste néanmoins : l’appel à la grève ne semble pas avoir remporté un franc succès, en partie parce qu’elle n’a pas été suffisamment préparée et portée

Alors que cet appel était la grande première de ce 8 mars 2017, nous ne croisons pas de cortège de femmes et minorités de genre en grève ou en lutte. Les cortèges syndicaux rassemblent essentiellement des représentant·e·s de leurs organisations et pas ou peu des salarié·e·s, chômeur·se·s et précaires qui ont de nombreuses revendications à porter. L’horaire de la grève semble être un première élément d’explication : le 15h40 est trop symbolique, démobilisateur et déconnecté des réalités des travailleur·euse·s. Nombreuses aussi sont les grévistes resté·e·s sur leurs lieux de travail pour mobiliser le personnel. Pour autant, cet appel a la grève demeure à nos yeux une importante avancée, qu’il faudra poursuivre et approfondir l’année prochaine

Nous sommes fort·e·s, nous sommes fièr·e·s, féministe et révolutionnaires en colère !

Plus combative que la marche de l’après-midi, cette manif de nuit est un grand moment d’empowerment féministe. Slogans anti-viol, réappropriation de l’espace, protestation contre les violences policières, nous sommes des milliers à scander les messages de nos luttes. 
Dans la première moitié de la manif, entre Belleville et République, nous vivons un moment quasi hors du temps, où pendant de longues minutes, tou·te·s les manifestant·e·s reprennent en cœur le slogan de notre collectif « tant qu’il le faudra : féministes révolutionnaires ».

 

Cet épisode témoigne d’une conscience très forte que l’association des termes « féministes » et « révolutionnaires » (ou « queers », « trans », « gouines » et « révolutionnaires ») est à la fois pertinente et nécessaire dans le contexte politique actuel. Nous continuerons dans toutes les échéances à mettre en avant notre conscience de classe et la nécessité de la révolution, qui va de pair avec la fin des oppressions sexistes, LGBTIphobes et patriarcales.

 

La présence policière est plus forte qu’à la manif précédente et il y a aussi plus de monde dans la rue. Nous avons pu également remarquer un comportement provocateur de la part des « forces de l’ordre » que nous tenons à souligner : arrestations, contrôles d’identité, isolements de manifestant·e·s… Nous ne nous laisserons pas intimider !

 

Mais à nouveau, difficile de savoir s’il y a des cortèges de grévistes car globalement, nous avons aperçu très peu de banderoles. C’est d’ailleurs une des critiques que l’on peut formuler à l’égard de cette manifestation : nous avons vu très peu d’organisations et très peu de cortèges constitués, il s’agissait essentiellement d’individu·e·s isolé·e·s. Cela amplifie le gouffre entre une première manifestation où il n’y avait que des organisations et une deuxième où il n’y avait que des individu·e·s, quand nous devrions marcher tou·te·s ensembles. 

 

En définitive, le jeune collectif Féministes Révolutionnaires a vécu une journée riche et bien remplie ! Néanmoins le succès des marches parisiennes, qui ont réunit environ 10 000 personnes, est tout relatif : à travers le monde, ce 8 mars a mobilisé des foules gigantesques. En Argentine par exemple, plus de 100 000 manifestant·e·s ont occupé les rues ! Une preuve supplémentaire que le mouvement féministe français et francilien est encore à (re)construire.

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