Que défendons-nous ?

Les bases politiques que nous avons posé dans le tract d’appel de création de notre groupe constitue en quelque sorte notre charte. Ce sont les points d’appui de développement de notre activité. Nous réfléchissons sans cesse aux façons dont ils s’articulent entre eux, dont ils informent notre pratique militante et à ce qu’ils impliquent politiquement.

* Nous sommes inclusif.ves de toutes les personnes qui veulent militer à nos côtés, en particulier les personnes trans*, les personnes qui portent le voile et les travailleur·se·s du sexe, malheureusement parfois exclu·e·s des espaces féministes.

* Nous nous réunissons et agissons en général en mixité, mais nous avons aussi des moments en non-mixité, tout type de non-mixité. À partir du moment où des personnes du collectif souhaitent se réunir en non-mixité, nous les soutenons.

* Que ce collectif soit avant tout un espace de formations et de débats, qui ne demande pas de pré-requis, où la formation collective et individuelle ait tout sa place et où les désaccords puissent s’exprimer.

* Nous développons une analyse des dominations sociales en termes de structures, dont les manifestations à l’échelle individuelle ne sont que le reflet : nous pensons donc avant tout qu’il faut lutter au niveau structurel davantage qu’individuel.

* C’est pour cette raison que nous nous définissons comme « révolutionnaires » : nous pensons que seul un renversement complet des structures sociales permettra de mettre fin aux différentes dominations sociales.

* Cela ne veut pas dire que notre optique, c’est : « la révolution ou rien ». Nous nous battons pour toutes les avancées féministes qu’il est possible d’obtenir ici et maintenant, des vies sont en jeu et nous ne pouvons faire l’économie de se battre pour des améliorations, même incomplètes : droit des personnes trans*, femmes battues, harcèlement, discriminations… ce qu’on peut arracher à cette société, on veut l’arracher.

* Être révolutionnaire veut alors plutôt dire qu’on pense que la meilleure façon de mener ces combats c’est de systématiquement viser les institutions qui sont à l’origine, et les principaux maintiens, de ces situations délétères. Et de garder en tête que tant qu’on vivra sous le capitalisme, tout droit qu’on gagne ne manquera pas d’être menacé et que toute victoire n’est qu’incomplète. Détruire le capitalisme ne réglera pas tout mais c’est la première condition d’une réelle émancipation.

* Pour nous, féminisme et anti-racisme doivent marcher main dans la main. Au vu du contexte actuel de déferlantes racistes et islamophobes, nous voulons participer à la lutte contre le racisme et l’islamophobie d’État, que nous croisons à nos perspectives féministes et LGBTIQ*.

* Nous ne concevons une politique féministe qu’en lien avec les questions LGBTIQ*. C’est pourquoi nous œuvrons à recomposer les liens entre mouvement féministe et mouvement LGBTIQ*, et souhaitons prendre les deux en compte dans notre collectif.

* Nous voulons prendre en charge tous les aspects de la domination des femmes et minorités de genre, dont les aspects économiques qui tendent à être délaissés.

* Enfin, nous voulons construire un groupe qui soit indépendant des institutions, du gouvernement et de l’État.

* Nous défendons fermement l’auto-organisation comme principe de fonctionnement ainsi que la démocratie interne.