Pouvoir autoritaire, raciste, sexiste, antisocial… Ils n’empêcheront pas la Marche des fiertés !

Cette année à Paris, l’Inter-LGBT qui organise traditionnellement la Marche des Fiertés annuelle a choisi d’annuler la manifestation et de la reporter à l’automne. Dans ces conditions, un ensemble de collectifs et d’associations LGBTI, féministes et antiracistes se sont rassemblés pour marcher malgré tout : cette initiative commune est une démonstrations de force et déjà une victoire, puisque nous avons pu recréer collectivement une mobilisation LGBTI ancrée dans les solidarités de luttes.
Cette manifestation intervient dans un moment charnière pour nos  mobilisations, puisqu’au sortir du confinement le gouvernement Macron fait le choix de la remise en question du droit de manifester et celui de la répression constante contre les différents mouvements sociaux : contre les manifestations du personnel soignant, qui a déjà subi  de plein fouet la gestions désastreuse de la pandémie, mais aussi contre celles des mouvements antiracistes et contre les violences policières qui essaiment dans le monde entier.

 
Solidarité internationale avec les mobilisations antiracistes

Les communautés LGBTI et féministes doivent apporter tout leur soutien aux mobilisations antiracistes en cours. Non seulement toutes les femmes et minorités de genre victime de racisme font partie intégrantes de nos luttes, mais le combat contre l’État et ses institutions est un combat féministe. Les mobilisations antiracistes doivent nous inspirer : elles viennent  notamment de groupes de terrain indépendants de l’État qui se confrontent à la question du rôle de l’État dans le maintien des oppressions, en particulier en se demandant à qui et à quoi sert la police. Le racisme, au même titre que le sexisme et les LGBTIphobies, est institutionnel et joue un rôle structurant dans l’organisation capitaliste de la société dont la police est la gardienne.
Il ne s’agit pas de dire qu’il y a des bons et des mauvais policiers, mais que l’institution policière est en soi raciste, car elle permet de maintenir un ordre social où les personnes racisées et migrantes constituent une main d’œuvre sous-payée et privée de ses droits, de même qu’elle permet la sauvegarde de l’ordre social patriarcal, l’exploitation des femmes et la mise au ban des personnes LGBTI. C’est bien la police qui réprime nos manifs, qui nous blâme pour les viols que nous subissons, qui maltraite les personnes trans et applique la loi de pénalisation des clients qui tue les travailleurs·ses du sexe, notamment les TDS trans et racisées. Contre un État et une police raciste, sexiste, LGBTIphobe, il faut opposer une riposte antiraciste, féministe et internationaliste.
Alors que les luttes féministes et LGBTI sont régulièrement instrumentalisées à des fins racistes et islamophobes, nous affirmons que cette Pride se déroulera sous le signe d’une solidarité absolue. Féministes, LGBTI, antiracistes : même système, même combat !

Un pouvoir autoritaire qui instrumentalise la crise sanitaire

Le gouvernement Macron s’est servi de la crise sanitaire pour étouffer les luttes et pour réprimer les manifs, et va jusqu’à remettre en question le droit à manifester en faisant de l’interdiction des rassemblements la règle générale et de leur autorisation l’exception. Maintenir la Marche des Fiertés face à ce glissement vers l’autoritaire est particulièrement important : nous refusons d’accepter la répression et le silence. Ils n’étoufferont pas nos colères !
En France comme à l’international, ce sont les populations les plus précaires, les plus exploitées et les plus opprimées qui ont été le plus exposées au risque de tomber malade, et à celui de ne pas être soignées correctement. Parmi elles, les personnes LGBTI ont notamment dû faire face au danger que représente un confinement avec une famille trop souvent LGBTIphobe, et surtout les plus jeunes d’entre nous. Le confinement a mis en lumière les insuffisances du système public de santé, et les conséquences désastreuses des coupes budgétaires à l’hôpital, orchestrées par les gouvernements successifs depuis les années 1980. Face à la privatisation du secteur de la santé, nous devons exiger la prise en charge totale des soins médicaux qui concernent nos communautés. Les parcours de transition doivent être facilités et entièrement remboursés, la PMA légalisée pour tou·te·s et gratuite, la lutte contre le VIH renforcée à toutes les échelles. Les institution médicales doivent quant à elles cesser entièrement la maltraitance et les mutilations des personnes intersexes.

Crise économique 

De même, la crise économique annoncée va impacter en premier lieu les personnes de nos communautés qui sont déjà fragiles. Un peu plus de 500 000 emplois ont déjà été détruits en France au premier trimestre 2020, et tout indique que la catastrophe sociale va se poursuivre. 
Ce n’est pas nouveau : en temps de crise financière, les gouvernements construisent des blocs de droite et d’extrême droite pour renforcer le passage des réformes antisociales. Ces blocs permettent des attaques très fortes contre les femmes, les personnes LGBTI et les personnes racisées. On le voit notamment aux États-Unis, où l’élection de Trump a donné lieu à une vague de réformes contre l’avortement, contre les droits des personnes trans, et en général contre ceux des personnes LGBTI. Non seulement les droits que nous avons gagnés par la lutte ne sont jamais acquis pour de bon, mais pour gagner les autres, il nous faut nous organiser en construisant des solidarités entre nos luttes, indépendamment de l’État et de ses institutions. 


Face à la précarisation de toute la société, nous nous mobilisons notamment autour des revendications suivantes : 

  • PMA gratuite pour tou·te·s
  • Accès facilité aux parcours de transition sur simple déclaration (que ce soit au niveau des hormonothérapies, des chirurgies, des changements de prénoms et d’état civil…)
  • Dissolution définitive de la SOFECT/FPATH
  • Retrait de la mention « sexe » à l’état-civil 
  • Arrêt immédiat des mutilations sur les personnes intersexes
  • Abrogation de la loi de 2016 dite « de pénalisation des clients » sur le travail du sexe
  • Démantèlement des services de police

Dès à présent, nous appelons à participer largement à la Marche pour Adama le 18 juillet. Après l’immense mobilisation devant le TGI de Paris, où nous étions plus de 80 000 à répondre l’appel d’Assa Traoré et du Comité Adama, nous appelons toutes les personnes LGBTI à participer en tant que concerné·e·s par le racisme systémique ou en solidarité de luttes.

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