Appel de la Coordination féministe.
Pour l’égalité dans les droits et dans les faits, pour des vies dignes, libres et sans violence, pour battre l’extrême droite et ses idées : nous appelons à la grève générale féministe le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes et des minorités de genre.
Travail salarié, travail domestique, si on s’arrête : le monde s’arrête
Nous serons en grève ce dimanche 8 mars. Du lundi au dimanche, nous faisons tourner la société.
Nous sommes les travailleur·ses de la grande distribution, de l’accueil et de la restauration. En faisant grève, nous mettons tous les commerces à l’arrêt.
Nous sommes les travailleur·ses du nettoyage et les femmes de chambre de l’hôtellerie. En faisant grève, nous perturbons le quotidien de toute la population.
Nous sommes les lycéen·nes, les étudiant·es, les personnels de l’éducation, dont le travail s’étend bien au-delà des heures de cours. En faisant grève, nous prenons la rue par millions.
Nous sommes les paysan·nes et les salarié·es agricoles qui maintenons le socle de l’alimentation et des territoires. Notre travail n’est pas une variable d’ajustement. En faisant grève, c’est toute la chaîne alimentaire que nous faisons vaciller.
Nous sommes les travailleur·ses du sexe. En faisant grève, nous revendiquons la reconnaissance de notre statut de travailleuses et l’accès au droit commun et à la protection sociale.
Nous sommes les travailleur·ses du social et de la santé. En faisant grève, nous rendons visible le caractère indispensable de toutes les tâches de soin et de lien.
Nous sommes toutes celles et ceux qui assurent la majorité du travail domestique : celles et ceux qui s’occupent, sur leur temps « libre », de leur maison, de leur famille et de leurs enfants. Le 8 mars, plutôt que d’entretenir nos foyers, faire la cuisine, le linge et la vaisselle : nous faisons grève !
Partout, nous effectuons le travail indispensable, parfois invisible, trop souvent gratuit qui fait tenir la société. Nous ne voulons ni double journée ni demi-salaire. Nous ne voulons ni d’une assignation forcée ni d’une dévalorisation des tâches essentielles. Nous arrêter, c’est prouver notre importance, c’est faire pression pour imposer nos revendications. Nous appelons à la grève féministe, une grève générale du travail, qu’il soit rémunéré ou gratuit. Un dimanche, comme n’importe quel autre jour, quand on s’arrête : le monde s’arrête.
Grève féministe internationale pour battre l’extrême droite
En France et partout dans le monde, l’extrême droite arrive au pouvoir et représente un danger pour les droits des femmes et des minorités de genre, mais aussi plus largement de tous les groupes sociaux dominés.
Là où elle gouverne, l’extrême droite impose l’austérité budgétaire, démolit le droit du travail, attaque les droits et l’autonomie des femmes, criminalise les personnes LGBTQIA+ et en particulier les personnes trans. Elle enferme et déporte les personnes exilées. Elle met en œuvre des lois racistes. Elle fait la guerre. Elle bombarde. Elle commet des génocides. L’extrême droite prétend agir en faveur de nos droits. En réalité, elle instrumentalise nos combats à des fins racistes et impérialistes. Déjouons la montée réactionnaire, pour faire exister un autre possible. Celui d’un monde féministe.
Le 8 mars s’inscrit dans une lutte internationale et nos mobilisations résonnent avec celles de nos camarades qui se battent pour leurs droits et résistent face aux gouvernements fascistes : en Iran, au Vénézuéla, aux États-Unis, en Palestine, en Ukraine…
Notre appel à la grève fait aussi écho à celui de nos camarades féministes au Chili, où l’extrême droite a remporté l’élection présidentielle le 14 décembre dernier. Face à cette victoire du camp réactionnaire, le mouvement féministe chilien nous enjoint à « rester uni·es, à ne pas se laisser paralyser et à se souvenir que [l’extrême droite] n’est pas invincible ».
Nous défendons le droit à la vie et à la résistance en Palestine, au Liban, au Soudan, en Syrie, au Congo, partout où l’alliance internationale des droites et des néolibéralismes commet des crimes de guerre et des génocides.
Nous pouvons faire reculer l’extrême droite et les forces impérialistes, et pour cela, notre arme, c’est la grève.
Tout arrêter pour tout changer
Aujourd’hui en France, plus de 15 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, dont une majorité de femmes. Alors que les inégalités sociales ne cessent de s’accroître et que les plus riches s’enrichissent toujours plus sur notre dos, Macron et la dernière version de son gouvernement décident de couper dans les services publics et les prestations sociales pour augmenter considérablement le budget de la défense et de l’armement. Financer la guerre et la mort tout en asphyxiant l’éducation et la santé, tel est le vrai visage du capitalisme.
À l’inverse, nous défendons que chacun·e a le droit de vivre dignement, avec un bon salaire, dans un logement adapté à ses besoins. Nous revendiquons donc l’augmentation de tous les revenus, des salaires aux allocations. C’est aussi la meilleure prévention contre les violences patriarcales : un revenu décent permet de fuir un foyer, un milieu ou un patron violent.
Toutes les 7 heures, un homme tue ou tente de tuer sa conjointe ou son ex-conjointe. Toutes les 2 minutes 30, un homme viole ou tente de violer une femme. Toutes les 3 minutes, un adulte viole ou agresse sexuellement un enfant. Que ce soit au travail, en ligne, ou dans nos espaces de loisirs, les violences sexistes et sexuelles sont présentes partout, elles sont multiples, se croisent et se renforcent : racistes, transphobes, validistes, âgistes etc.
Malgré l’urgence, l’État n’accorde aucun moyen réel aux dispositifs de prévention et d’accompagnement comme le programme EVARS, les associations féministes d’aide aux victimes ou le budget de l’Aide Sociale à l’Enfance. Détruire le peu de dispositifs déjà insuffisants tout en protégeant les agresseurs, voilà le vrai visage de la grande cause des quinquennats macronistes.
Nous revendiquons des investissements massifs dans les services publics et les associations féministes de terrain qui accompagnent les victimes de violences. Nous voulons un personnel médical, social, éducatif nombreux et formé à contrer toutes les violences, à tous les âges de la vie. Nous voulons la réouverture des maternités fermées, la réouverture des centres IVG et le maintien des Plannings Familiaux menacés de fermeture. Nous voulons la gratuité et l’accessibilité pour tou·tes de l’IVG, de la contraception, de la PMA, des transitions de genre. Nous voulons la décriminalisation du travail du sexe et l’implication des travailleur·euses du sexe dans l’élaboration des politiques qui les concernent, seule manière de lutter efficacement contre les violences et la stigmatisation.
Aujourd’hui en France, le racisme est toujours le moteur de décisions politiques. L’État exclut de l’espace public les femmes musulmanes qui portent le foulard, traque et enferme les personnes sans-papiers, violente et tue les jeunes hommes racisés. La protection des femmes, des enfants et des personnes LGBTQIA+ est régulièrement invoquée pour légitimer ces lois et ces pratiques racistes. Protéger la suprématie blanche et instrumentaliser nos luttes féministes, voilà le vrai visage du néocolonialisme.
Nous revendiquons l’abolition de toutes les lois racistes et islamophobes. Nous voulons garantir le libre accès à tous les espaces publics, en particulier pour les femmes musulmanes qui portent le foulard. Nous voulons la régularisation de toutes les personnes sans-papiers et l’ouverture des frontières. Nous voulons la fin des violences et de l’impunité policières, la fin des livraisons d’armement à Israël et à toutes les puissances impérialistes.
L’arme des féministes, c’est la grève
Une journée de grève, c’est mettre à l’arrêt la société et interrompre le flux de la vie quotidienne. C’est aussi une journée pour imaginer et expérimenter le monde auquel nous aspirons. C’est reprendre le contrôle de notre temps et de nos vies. À nous de construire un monde féministe et de repenser l’organisation sociale de manière collective et solidaire.
Rejoignons les initiatives locales et les organisations féministes, grossissons les rangs des manifestations et des piquets de grève, dansons, crions et expérimentons ensemble ce que pourrait être une vie débarrassée de l’oppression et de l’exploitation.
Mettons-nous en grève pour paralyser le système patriarcal, raciste et capitaliste. C’est le seul moyen d’imposer nos revendications. Partout, le mouvement féministe l’a compris ; il appelle à la grève depuis tous les continents. La grève générale féministe s’inscrit dans une lutte internationale pour leur reprendre tout ce qu’ils nous ont pris.
Pour des vies dignes, libres et sans violence, tou·tes en grève le 8 mars 2026 !
La liste des signataires est disponible sur le site de la Coordination féministe.