Gouines et bi·es antifas et révolutionnaires

Rejoignez-nous dans nortre cortège à la marche lesbienne, afrolesbienne, translesbienne intersectionnelle : rendez-vous ce dimanche 26 avril à partir de 13h30 à gare de l’Est, place Madeleine Braun.

Cette année scolaire a commencé, début septembre, par le suicide de l’enseignante lesbienne Caroline Grandjean-Paccoud à Moussages, dans le Cantal. Caroline est morte à cause du harcèlement lesbophobe qu’elle subissait depuis deux ans, mais aussi à cause du manque de soutien de l’Éducation nationale. Nous porterons sa mémoire avec nous ce 26 avril. Son courage et sa détermination, ainsi que ceux de son épouse Christine Grandjean-Paccoud, dans la solitude imposée par sa hiérarchie, nous obligent. Pour elles, pour toutes, pour les enfants qui subissent eux aussi du harcèlement LGBTQIphobe dans le silence de l’Éducation nationale, nous continuons la lutte.

Pour nous, cette marche lesbienne se déroulera dans un contexte particulier : lors de la marche de l’an dernier, deux de nos camarades ont reçu des tirs de carabine à plombs. Qu’à cela ne tienne : on est là même si le type avec la carabine à la fenêtre et ses semblables ne le veulent pas.

Le gouvernement Macron, lui, ne nous tire pas dessus, mais les lesbiennes meurent quand même, les femmes trans meurent quand même, les putes meurent quand même. Il ne nous tire pas dessus mais le député Renaissance Charles Rodwell propose une loi qui durcirait les démarches de changement de prénom pour les personnes trans, et les rendrait impossibles pour celles qui n’ont pas la nationalité française et ne l’auraient pas fait dans leur pays d’origine. La même loi favorise l’hospitalisation forcée dans les structures psychiatriques : les personnes folles sont désignées comme ennemi·es politiques. 

L’extrême droite, elle, nous tire bel et bien dessus. Ça a été le cas aux États-Unis, et Renee Good est morte, tuée par un agent de la police anti-immigration ICE. En France, l’Assemblée nationale fait une minute de silence pour un néo-nazi, Vincent Bolloré réagence le paysage médiatique et culturel en un seul grand porte-voix pour le catholicisme le plus conservateur, les anciens de la Manif pour tous sont au gouvernement, Macron prône le réarmement démographique. Un papa, une maman, et beaucoup de chair à canon.

Ce ne sont ni l’homonationalisme, ni l’impérialisme qui nous sauveront. Les lesbiennes sont partout : parmi les femmes demandeuses d’asile, affectées par le racisme structurel qui vise particulièrement les personnes migrantes, contrôlées, enfermées, renvoyées ; pour bénéficier d’un accueil, elles doivent « prouver leur homosexualité » devant des juges qui valideront ces preuves à l’aune de leur racisme. Parmi les femmes musulmanes visées encore et encore par des paniques morales quotidiennes, et par des lois islamophobes et patriarcales qui cherchent à contrôler leurs corps et leurs vêtements. Parmi les victimes des guerres impérialistes, en Ukraine, en Iran, au Liban ou en Palestine. Et nous refusons que nos droits, si mal considérés en France, aux États-Unis ou en Israël, servent de justification à des politiques racistes, à des guerres impérialistes et à des génocides

Ce n’est pas non plus, malheureusement, un baiser lesbien qui suffira pour faire la révolution (on sait, ça fait longtemps qu’on essaie). Si, dans l’espace privé, le lesbianisme peut être une émancipation du patriarcat, ce n’est pas le cas dans l’espace public. D’ailleurs, notre libération ne sera jamais individuelle : elle passe par celle de toutes et de tous. Nous renvoyer au silence de l’espace privé, c’est ce que veulent les Pécresse et les Bolloré – quand il ne s’agit pas de nous enfermer, de nous « convertir » à la cis-hétérosexualité ou de nous buter. Aussi, si ce 26 avril nous prenons la rue, c’est à la fois pour occuper l’espace public et pour rappeler que notre libération se fera toujours par le collectif, toujours par la solidarité, toujours par la lutte. Alors que la menace du fascisme grandit de jour en jour et que les attaques contre des vies dignes et libres pour tou·tes se multiplient, notre place est dans le combat antifasciste

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