Le 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes et des minorités de genre, un front féministe antifasciste, antisioniste, anti-impérialiste et unitaire est nécessaire.
Grève générale féministe
Leur monde capitaliste, patriarcal et néo-colonial doit s’arrêter.
Parce qu’aujourd’hui encore, le fonctionnement de ce système nous assigne au travail domestique gratuit et aux emplois du soin, sous-considérés et sous-payés, c’est nous, femmes et personnes issues des minorités de genre, qui permettons à la société dans son ensemble de fonctionner. Ce travail, essentiel à sa survie, ne connaît pas de repos. Nous sommes partout, nous sommes indispensables, et nous sommes puissant·es.
L’exploitation dans le travail reproductif se redouble de l’exploitation par les violences sexistes et sexuelles : ces dernières années, la médiatisation des affaires Epstein, Le Scouarnec et Pélicot l’ont démontré encore et encore, dans les hautes sphères du pouvoir comme dans toutes les classes sociales.
L’impunité des riches, mais aussi la casse des services publics, la fermeture des maternités et des lits d’hôpitaux, le retrait des subventions aux centres de Planning familial, les bas salaires, les déserts médicaux, les politiques natalistes et militaristes : voilà ce qui nous empêche de nous protéger, d’avoir le contrôle de nos corps, de quitter un foyer violent ou un lieu de travail abusif. Voilà ce qui permet et ce qui favorise les violences sexistes et sexuelles.
Les 167 féminicides sur la seule année 2025 — plus d’un tous les trois jours. Le suicide de Caroline Grandjean, abandonnée par l’Éducation nationale face au harcèlement lesbophobe. L’offensive internationale contre les droits des personnes trans. L’interdiction persistante aux travailleur·ses du sexe d’avoir accès au droit du travail. La nouvelle proposition de loi pour interdire le port du voile chez les jeunes filles mineures dans l’espace public. Voilà ce que permet et ce que favorise le gouvernement Macron.
Il est temps d’imposer nos mots d’ordre dans la rue.
Nous avons le pouvoir, grâce à la grève générale féministe, de mettre à l’arrêt la société capitaliste, de faire entendre nos voix et d’instaurer un rapport de force. Si on s’arrête, leur monde s’arrête.
Au Chili, la Coordinadora feminista 8M appelle à une riposte féministe internationale contre le fascisme.
Dans toute la France, la Coordination féministe appelle à la grève générale féministe pour des vies dignes, libres et sans violences et pour battre l’extrême droite et ses idées.
Pour résister au fascisme, les militantes féministes, antiracistes et internationalistes appellent à s’opposer à la marche à la guerre et à l’armement des génocides par l’autodéfense féministe et populaire.
Nous nous joignons à ces appels.
Un 8 mars antifasciste et anti-impérialiste
Alors que le fascisme est revenu au pouvoir dans plusieurs pays, que la course à la guerre s’accélère, et qu’en France, il constitue plus que jamais une menace concrète, favorisée par la complicité du gouvernement actuel, il est de plus en plus urgent de nous organiser contre l’extrême droite.
Féministes et antifascistes, nous refusons de laisser instrumentaliser les violences sexistes et sexuelles au profit du racisme et de la xénophobie.
Némésis, groupe fémonationaliste d’extrême droite, porte un discours mensonger et raciste selon lequel les violences sexistes et sexuelles seraient d’abord le fait des hommes migrants et racisés, et utilise les luttes féministes pour prôner une défense du « mâle blanc » et une féminité blanche conforme aux normes patriarcales.
Leur renoncement à venir dans notre manifestation est une victoire collective, par la construction d’un front unitaire antifasciste, regroupant des collectifs, des associations, des partis et des syndicats.
Nous réaffirmons notre opposition à Nous Vivrons, un groupe sioniste qui soutient les forces coloniales génocidaires israéliennes.
Nous nous opposons à leur présence lors de la manifestation du 8 mars 2026, comme nous l’avons déjà fait lors des précédentes dates. Ces groupes ne sont pas les bienvenus dans le mouvement féministe.
Nous riposterons tant qu’il le faudra.
Dans un contexte où les attaques contre nos mobilisations se multiplient, nous appelons à un front antifasciste d’ampleur. Celles et ceux qui luttent contre la progression du fascisme en France, en Europe et dans le monde sont victimes de répression. Les militant·es pour la libération de la Palestine et la fin du génocide mené par le gouvernement impérialiste d’Israël sont criminalisé·es. Cela montre que la fascisation des sociétés passe par la criminalisation des résistances antifascistes.
L’extrême droite cherche à inverser toutes les valeurs que nous connaissons, à coups de mensonges historiques et de manipulation des faits.
Cette inversion est reprise largement par la droite et une partie des médias, au premier rang desquels ceux possédés par la société du milliardaire ultraconservateur Vincent Bolloré.
Pour combattre ces offensives, nous devons tenir la ligne plus fermement que jamais. Nous nous joignons donc à l’appel pour l’annulation de la dissolution de la Jeune Garde antifasciste. Nous nous tenons aussi en solidarité avec tou·tes les militant·es antifascistes réprimé·es : Maja, emprisonné·e dans les prisons hongroises pour huit ans, Gino et Zaid, menacés d’extradition vers la Hongrie pour s’être opposés à des néo-nazis, les camarades de la Caravane pour le Rojava, emprisonné·es et torturé·es par la police turque.
De la Palestine à l’Ukraine, de l’Iran au Rojava, contre les impérialismes et pour l’autodétermination des corps et des peuples.
Lutter contre la montée de l’extrême droite et l’avènement du fascisme passe aussi par donner à toutes et tous des vies libres et dignes, à l’exact opposé des politiques antisociales et racistes menées par le gouvernement Macron.
A l’inverse de ces mesures criminelles nous demandons un accueil, un logement et des papiers pour tou·tes.
Nous nous opposons à l’Etat raciste et à sa police qui tue. Pour cela, nous exigeons justice pour Adama Traore, Nahel Merzouk, El Hacen Diarra, et pour toutes les victimes de cet Etat policier.
Pour un féminisme révolutionnaire
Notre féminisme est révolutionnaire. Parce que nous voulons que leur monde s’arrête, parce que nous voulons tout changer, mettons-nous en grève et prenons la rue.
Nous appelons à la grève générale féministe le 8 mars 2026 pour ébranler le monde capitaliste qui tire avantage et perpétue toutes les oppressions. Nous appelons à rejoindre la manifestation ce même jour pour porter dans la rue nos revendications. D’ici là et autant que nécessaire, nous soutenons toutes les initiatives féministes qui permettent d’imaginer des modèles de sociétés libérées de l’oppression capitaliste.
Pour un 8 mars féministe et révolutionnaire : unissons-nous et bloquons tout !
Rendez-vous dès 11h sur le village féministe à Stalingrad pour une caisse de grève au profit des grévistes d’Antinéa. Dès 13h30, 272 rue du Faubourg Saint-Martin pour un cortège antifasciste et anti-impérialiste.
Tant qu’il le faudra, féministes et révolutionnaires.